Ceux qui ont vécu "Notre Noël" nous ont donné leurs impressions, leurs témoignages...
Pourquoi pas vous ?
Merci pour toute cette générosité. A la table 35, à laquelle vous m'avez affectée, 9 jeunes de l'âge de mon garçon, entre 15 et 17ans. Malgré mon inculture, nous sommes arrivés à communiquer grâce à leur animateur, à des blagues et à la gentillesse de Grégoire qui s'est occupé de nous si gentiment.
Et puis il y a eu l'espace cigarette dans ses croisements, avec ses échanges par quelques phrases, les arrivées et les départs. C'est comme si nous avions tous retrouvé une dignité dans cette prise en charge, un besoin de respect sans le poids d'être assistés.
En espérant que vous garderez mes coordonnées pour l'année prochaine avec la ferme intention, si vous l'acceptez, de faire partager à mes enfants de 13 et 16 ans ce que vous m'avez offert.
Françoise - 2008
Je voulais vous dire combien ma famille et moi avions été heureux de participer à cette soirée de Noël.
J'espère que les personnes pour qui ce Noël était organisé auront eu du plaisir et de la joie à dîner, jouer, regarder le spectacle et les attractions.
Remerciez de ma part Pedro et ses deux compères pour la messe simple et pleine de sens qu'ils ont dite.
Isabelle -2008
Merci encore une fois pour ce Noël très riche de rencontres. A notre table, ce fut super et je pense que la beauté laisse des traces.
Ce poème de Amadou Hampaté Bâ pour vous souhaiter une bonne année, à tisser jour après jour, dans la confiance. On ne peut rien sans les autres.
Marie-Thérèse - 2008
La navette est dans la main droite
La main droite croit la posséder
En réalité, elle ne la gardera pas
Car il faut qu’elle la lance à la main gauche
Pendant que la main droite est démunie
La main gauche croit qu’elle a gagné
Mais elle non plus ne gardera pas la navette
Il faut qu’elle la renvoie.
Et c’est dans cet instant fugace
Et presque insaisissable
Où aucune des deux mains ne possède rien
Tandis que la navette vole de l’une à l’autre
Qu’un fil s’ajoute à la bande du tissu
Et que s’accomplit le mystère
Constamment renouvelé de la création
Le 24 décembre, 13 heures, je quitte la maison pour me rendre à la fête tant attendue de Notre Noël au musée des Arts Forains à Paris. Au saut du train, j’ai foncé dans le quartier de Bercy où se trouve le musée. Quel décor extraordinaire ! En pénétrant dans la salle où se déroule la célébration eucharistique, je suis tout de suite saisie par le climat particulier qui émane de l’assemblée. Sur la scène, de grands draps recouvrent une forme massive et lorsqu’ils sont retirés, c’est la surprise. Un âne avec sa carriole et un bœuf veillent sur …les cartons qui pourraient être ceux des personnes qui nous réunissent ce soir-là pour partager la fête. Car c’est là qu’est la crèche. La crèche du Rien : là, où vivent ceux qui sont pour moi mes frères de la rue. Pendant la célébration, au moment de la prière universelle qui portait bien son nom, le prêtre fait circuler le micro de rang en rang : les mots dits étaient visage d’humanité diverse porteuse de la parole des plus pauvres.
Juste après, nous nous rendons dans le bâtiment en face où un décor féerique habille les murs, le plafond…Une grande salle avec des tables rondes réparties sur toute sur sa surface. Je me rends à ma table où je vais accueillir mes hôtes. En fait, nous serons deux hôtesses. A chaque table, un animateur ou animatrice attend ses convives. Je reconnais avec joie, plusieurs visages qui reviennent fidèlement chaque année. De nombreux bénévoles s’activent telle une fourmilière.
Les tables sont regroupées par association. Je vais retrouver, non sans un plaisir que j’ai du mal à dissimuler, mes amis de La Moquette. Ils arrivent les uns après les autres recherchant leur place. Certains se connaissent, d’autre pas. Peu importe, le tour de table est vite fait et les langues se délient. Il reste une place qui sera bientôt comblée par notre chère Simone, rayonnante et enjouée. Le ton monte à notre table tant elle met de l’entrain. Rires et sourires timides se croisent. On discute, on parle et plus on avance, plus on se découvre les uns les autres. L’un vit à la rue, l’autre dans un squat, l’autre dans un appartement précaire, l’autre loin en banlieue …. Et nous, les animatrices, dans des logements confortables citadin ou rural. Cette différence est (je ne peux l’oublier tout le temps de ce repas), mais l’important là, c’est l’échange tout simple où nous sommes chacun porteur de notre humanité. Je parle de mes enfants, de mes engagements…lui parle de son travail et de ses débrouilles pour arriver à dormir au chaud malgré tout…et lui sans papier…se cache…parle peu…c’est la peur qui l’habite. Bientôt la musique prend une place plus importante et voilà notre Simone qui s’émoustille, se lève et se lance dans un long ballet solo…. Les visages alentour se tournent vers elle. La voilà la reine de la fête. Elle a du être une bonne danseuse, plus jeune, tant la grâce l’habite…Passe un père Noël inattendu qu’elle saisit par sa barbe et l’entraîne à danser le kazatchock…Le voilà accroupi entraîné par notre ballerine d’un soir pas comme les autres qui ne le lâche pas en train de tenter de lancer une jambe après l’autre sur l’air endiablé….L’exercice s’avère quelque peu délicat et la fin de la musique libère notre Père Noël applaudi par les convives des tables proches. Simone elle, termine par une magnifique révérence et revient à sa place, le regard chargé de souvenirs et de bonheur. Tous les regards se tournent vers là bas plus loin dans la salle et ils deviennent admiratifs devant la longue silhouette élancée qui se déplace avec grâce sur des échasses. Elle arrive bientôt sur scène avec une autre silhouette aussi gracile qu’elle. Cette dernière s’élance dans l’air jouant avec de long voile de couleurs mis en relief par l’éclairage. Et la dame au x échasses se met à chanter. Tous mes compagnons de table se taisent, saisis par la beauté du timbre de voix et la mélodie. Je remarque la tristesse de ma voisine Danielle déclinant un regard poli. Son voisin Georges et compagnon de route semble être en manque. Nous en sommes au fromage et il réclame du vin car il se plaint de ne pas en avoir eu assez. Elle lui donne son verre, mais cela ne lui suffit pas et brusquement il se lève et décrète le départ. Elle s’excuse prétextant une grande fatigue. Je l’embrasse mais j’ai le cœur serré de la voir s’en aller. Comment finira-t-elle cette nuit de Noël ? Simone fredonne sur un air connu…On la taquine mais elle n’en est que plus radieuse. La soirée se termine où pas une miette n’est perdue, pas un dessert laissé. Il reste la photo à prendre pour graver ce moment inoubliable. Beaucoup d’agitation pour la fin du repas : sur chaque visage brille une lumière ineffable. Le temps d’un festin, nous nous sommes retrouvés partageant le même banquet, échangeant simplement sur nos vies, sur l’histoire de chaque jour qui ne s’écrit pas sur la même page pour tous. Cependant, celle de ce soir s’écrira avec la même chair d’humanité. J’emporte avec moi l’empreinte des ces sourires et de ces yeux pétillants. Nous avons traversé ensemble un petit bout d’humanité, un petit bout de fraternité que nous avons poursuivi à La Moquette où nous avons partagé cette nuit chargée de merveille et de mystère avec tous ceux et celles qui sont venus. Une nuit où une étoile a brillé au milieu des Compagnons de la Nuit.
Elisabeth - 2007.
« Je me doutais bien que notre Noël, cette année, serait différent .... mais à ce point vraiment pas !!! [...] dans le regard des uns comme des autres, il n'y avait aucun jugement mais juste le bonheur d'être ensemble pour célébrer cette naissance.. une chaleur humaine incommensurable et une sympathie indicible. C'était très net lorsque certains invités s'en allaient et qu'ils nous donnaient leurs impressions et nous remerciaient... En fait, c'est moi qui les remerciaient dans mon coeur d'être venus.....
Nous sommes repartis sur un nuage et vivons encore de cet élan et plus que jamais je fais mienne cette phrase d'un certain Sulivan : "Le bonheur n'est pas dans le bonheur. Il est dans l'incessante marche. Sortez, vivez tant que vous êtes vivants..." Le 24 décembre, entourée de ma famille, j'étais plus que jamais vivante... »
Bénédicte - 2007.
« Encore merci et bravo pour cette merveilleuse soirée de Noël organisée avec tellement de compétences et de coeur. J'en garderai longtemps un souvenir émerveillé, tout comme l'écrivain Jean Claude Lataupe mon voisin de table, qui l'a décrite avec grand talent dans la chronique de son blog intitulée "Rêve éveillé". »
Carole - 2007.
« Nous avons beaucoup appris et cette soirée a changé notre regard sur les personnes en difficulté. En particulier, il nous est plus facile maintenant de parler avec elles dans la rue ».
Georges et Danièle - 2006.
« J’ai passé l’essentiel de la soirée au vestiaire. J’ai réalisé l’importance de cette tâche car les invités nous confient « leur vie ». Je me suis sentie plus utile que jamais ! ».
Marie - 2006.
« J’étais dans la paix et la joie lors de cette soirée, autant pendant la messe que pendant le dîner. L’ambiance était à la fête et à la rencontre. J’ai vu aussi beaucoup de tristesse à ma table : des jeunes qui, apparemment étaient là sans trop savoir pourquoi. J’ai vu aussi, à la fin, au départ, dans la rue, des visages riants et heureux ».
Bénédicte - 2006.
« Quoi de plus beau que des larmes de joie sur un visage qui a beaucoup souffert ».
Marielle - 2006.
« La messe de Noël a été un moment très fort. J’ai reçu une autre façon de regarder ceux de la rue, du métro ».
Janine - 2006.
« Ça fait trente ans que j’avais pas assisté à la messe. J’ai même chanté.
C’était beau. »
Claude - 2006.
« C’était une belle fête, féérique, chaleureuse».
Pascal - 2006.
« Au début, je pleurais parce que je pensais à ma famille. Après j’étais heureux d’être là».
Jacky - 2006.
« C’était tellement beau, la messe. J’ai pleuré car cela me faisait penser à mon enfance. Mais je n’étais pas triste».
Marcel - 2006.
« C’était comme en famille : la messe, le repas, les amis. Et les bus sont venus nous chercher. C’était bien organisé».
Jean-Pierre - 2006.
« J’espère participer l’année prochaine dans une meilleure situation».
Stéphane - 2006.
« Le décor est important. Le beau est une marque de respect».
Anne-Marie - 2006.